La plongée muck à Mabul : le guide de terrain du macro-plongeur
Mon premier poisson-grenouille m'a pris onze minutes à voir. Il avait la taille d'un poing, exactement le jaune de l'éponge sur laquelle il était posé, et mon guide le pointait du doigt depuis le début. Voilà le muck : le mot le moins glamour du métier accolé à certaines de ses photos les plus glamour, et Mabul en est la Mecque dans le Triangle de corail.
Sommaire
- Ce qu'est vraiment la plongée muck
- La distribution de Mabul
- Plongées de nuit : la seconde équipe
- Les notes photo qui comptent ici
- Un mot pour les snorkeleurs
Ce qu'est vraiment la plongée muck
Oubliez le récif de carte postale. La plongée muck est une chasse lente sur le sable, la vase, les herbiers, les débris et le fabriqué par l'homme : pilotis de pontons, structures immergées, récifs artificiels. Les spécialistes du camouflage gagnent leur vie ici précisément parce que le terrain a l'air vide. Il a l'air vide pendant à peu près une plongée. Puis l'œil s'ajuste, et plus aucun carré de sable ne paraît vide.
Le super-pouvoir discret de Mabul, c'est son profil. La plupart des sites se tiennent dans la tranche des 5 à 20 mètres avec un courant faible, si bien que les temps de fond s'étirent assez pour vraiment travailler un sujet au lieu de lui faire coucou.
La distribution de Mabul
- Poissons-grenouilles de toutes les couleurs qu'une éponge peut prendre, dans leur numéro d'embuscade patiente
- Hippocampes pygmées de Bargibant, si parfaitement accordés à leur gorgone hôte que les guides visent d'abord l'éventail, l'animal ensuite
- Poulpes à anneaux bleus et poulpes mimétiques : le premier minuscule et électrique, le second imitant la moitié du récif
- Seiches flamboyantes qui pulsent leurs couleurs en traversant le sable nu
- Poissons-fantômes, anguilles-serpents, poissons-mandarins et une liste de nudibranches qui se renouvelle chaque semaine
Parcourez de vrais exemples dans notre galerie photo de Mabul ; chaque image y a été prise sur ces sites.
Plongées de nuit : la seconde équipe
À la nuit tombée, le sable change d'équipe. Les sépioles luisent comme des braises, les poissons-étoiles (uranoscopes) affleurent en ne montrant que leurs dents, les crabes décorateurs se déplacent en costume, et les poulpes chasseurs travaillent les débris à découvert. Une plongée de nuit à Mabul est régulièrement le temps fort du séjour pour les photographes, et j'en réserverais au moins une même si vous n'avez jamais plongé de nuit ; le profil peu profond et calme en fait une introduction douce. Gardez une lampe discrète autour des animaux sensibles à la lumière, et votre guide continuera de les trouver.
Les notes photo qui comptent ici
Un hybride ou un bon compact avec un objectif macro ou une bonnette couvre quatre-vingt-dix pour cent de Mabul. Une lampe de focus mérite sa place dans ce sable peu contrasté plus que n'importe quel autre accessoire. Dans les premiers mètres bien éclairés, la lumière naturelle rend magnifiquement ; plus profond, emportez une lampe ou un filtre rouge pour des couleurs justes. Bougez lentement, ne touchez pas le fond, et laissez l'œil de votre guide faire le repérage. Les repéreurs locaux sont aussi bons que n'importe où sur la planète, et je le dis après avoir plongé contre eux pour glaner des tuyaux.
Un mot pour les snorkeleurs
Les hauts-fonds de Mabul sont généreux aussi avec les snorkeleurs : platiers d'herbe à tortue, pilotis de ponton animés de juvéniles, et une eau assez chaude pour que le lycra soit votre seule décision de protection. Les groupes mixtes plongeurs et snorkeleurs marchent bien ici.
Poser vos valises sur l'île met chacune de ces plongées à quelques minutes du lit. Voyez les resorts de Mabul, ou dites-nous que vous êtes du genre macro et nous construirons l'itinéraire autour de ça. Pour approfondir, voir Identification des poissons.